Salaire, fiche de paie, impôt à la source, budget du quotidien, prévoyance : l'argent en Suisse ne fonctionne pas comme en France. On partage nos chiffres réels et ce qu'on a mis du temps à comprendre.
La première fiche de paie surprend toujours : l'écart entre le brut et le net est bien plus faible qu'en France. Les déductions sociales couvrent principalement l'AVS et l'AI (la retraite et l'invalidité), l'assurance chômage, la prévoyance professionnelle (le 2e pilier) et l'assurance accidents. L'assurance maladie, elle, n'apparaît pas : elle se paie séparément, chaque mois, à votre caisse.
Beaucoup d'employeurs versent aussi un 13e salaire, généralement en décembre ou réparti sur l'année. Un salaire annuel se raisonne donc en treize mois, ce qui change la lecture d'une offre d'emploi.
Avec un permis B, l'impôt est prélevé directement sur le salaire par l'employeur, selon un barème qui dépend du canton, de la commune, de la situation familiale et du revenu du conjoint. Au-delà d'un certain revenu annuel, ou sur demande, une déclaration ordinaire vient compléter ou corriger ce prélèvement. Les titulaires d'un permis C, eux, déclarent et paient leurs impôts eux-mêmes, ce qui suppose de provisionner.
La fiscalité suisse se joue à trois niveaux : fédéral, cantonal et communal. Deux communes voisines peuvent afficher des taux nettement différents, et certains cantons prélèvent en plus un impôt ecclésiastique lié à l'appartenance religieuse déclarée à l'arrivée.
Côté budget, les salaires élevés s'accompagnent d'un coût de la vie à l'avenant : logement, primes d'assurance, alimentation et garde d'enfants pèsent lourd. Le vrai indicateur n'est jamais le salaire brut, mais ce qu'il reste à la fin du mois.