Assurance complémentaire en Suisse : ce que la LCA couvre, pourquoi un questionnaire de santé est exigé, et ce qu'on paie vraiment en famille en 2026.

Ce qui nous a le plus déstabilisés en arrivant, ce n'était pas le prix de l'assurance maladie. C'était le jour où on nous a demandé des radios dentaires avant de nous dire si on pouvait, oui ou non, être assurés pour nos dents.
En France, vous signez une mutuelle et personne ne s'intéresse à votre bouche. Ici, l'assureur regarde votre âge, l'état de vos dents, votre poids, votre historique. Puis il décide. C'est légal, c'est banal, et ça cueille à froid à peu près tous les Français fraîchement débarqués.
Si vous avez lu notre article sur la LAMal, vous savez que l'assurance de base est obligatoire et qu'elle couvre un socle bien délimité. On parle ici de tout ce qui dépasse ce socle : les complémentaires, ou LCA.
En France, Sécu et mutuelle avancent main dans la main. La mutuelle complète, elle vous accepte sans sourciller, dossier clos.
En Suisse, ce sont deux mondes que sépare une frontière juridique bien nette. La LAMal relève d'une loi sociale : elle est due à tout le monde, aucun assureur ne peut vous claquer la porte au nez. La LCA, elle, c'est du droit privé des contrats. L'assureur choisit s'il vous prend, à quel tarif, et avec quelles exclusions.
Ce basculement de logique, c'est la source de presque toutes les mauvaises surprises. On croit compléter sa couverture comme en France. On se retrouve à passer un examen d'entrée.
Le grand absent de l'assurance de base. Sauf accident ou maladie grave de la mâchoire, la LAMal ne rembourse rien côté dentaire. Détartrage, carie, couronne, appareil pour les ados : tout sort de votre poche, à moins d'avoir une complémentaire dédiée.
Pour un adulte, la base ne couvre quasiment rien. Les complémentaires proposent un forfait, annuel ou tous les deux ans selon les contrats, qui absorbe une partie de la monture et des verres. Rarement la totalité.
La LAMal vous couvre en division commune, dans votre canton. Vous voulez une chambre à un ou deux lits, choisir votre hôpital, choisir le médecin qui vous opère ? C'est le rôle d'une complémentaire hospitalisation.
Ostéopathie, certaines thérapies, vaccins hors liste, bilans de prévention, parfois même un bout d'abonnement de fitness. C'est le volet le plus disparate d'un assureur à l'autre, celui qu'il faut lire ligne à ligne avant de signer.
📌 À retenir
La LAMal couvre le nécessaire médical. La LCA couvre le confort, les dents, les yeux et une partie de la prévention. Ni l'une ni l'autre ne remplace sa voisine.
Parce qu'un contrat privé, ça s'évalue. L'assureur veut mesurer le risque avant de s'engager, donc il pose des questions : antécédents, traitements en cours, parfois le poids, l'âge, les habitudes de vie.
Pour le dentaire, ça va plus loin. Chez nous, Sanitas a demandé des radios avant de trancher. État de la dentition, hygiène, âge : tout ça pèse dans la balance. On sortait d'un système où ce genre de question n'existe tout simplement pas. Autant dire qu'on s'est sentis passer un entretien d'embauche pour nos molaires.
Un point à ne pas prendre à la légère : vos réponses doivent être exactes. Une omission, même de bonne foi, peut permettre à l'assureur de refuser une prise en charge plus tard, voire de résilier le contrat.
⚠️ Erreur fréquente
Attendre d'avoir un problème pour souscrire. Le questionnaire se remplit avant, et un souci déjà connu se traduit presque toujours par une exclusion ou un refus sur cette prestation-là.
Oui. Et c'est parfaitement légal. Trois issues possibles une fois votre dossier examiné :
D'où une règle pratique que personne ne vous dira spontanément : plus on souscrit tôt et en bonne santé, meilleures sont les conditions. Souscrire à cinquante ans avec un dossier médical chargé, c'est une autre histoire.
Rien ne vous y oblige. Base chez l'un, complémentaires chez l'autre : c'est possible.
Beaucoup de familles regroupent malgré tout, pour s'épargner de la paperasse et parce que certains assureurs consentent un rabais quand on combine. Le vrai point de vigilance est ailleurs. Si vous changez un jour d'assurance de base, la complémentaire ne suit pas toute seule : elle a ses propres règles de résiliation. Deux contrats, deux calendriers, deux échéances à surveiller.
Aucun délai légal, contrairement à la LAMal qu'il faut activer dans les trois mois. Vous souscrivez quand vous le sentez.
Cela dit, traîner se paie. La sélection médicale se durcit avec l'âge et l'historique, et certains contrats imposent un délai d'attente avant que la prestation devienne réellement mobilisable. L'orthodontie est l'exemple type : on ne souscrit pas en janvier pour poser un appareil en février.
💡 Ce qu'on aurait aimé savoir avant
Que le volet dentaire demande un dossier, parfois des radios, et un peu de patience. On s'imaginait cocher une case en ligne un dimanche soir. Il a fallu passer par le cabinet dentaire avant même de savoir si on serait couverts.
Caractère obligatoire : aucun, la complémentaire est entièrement facultative.
Sélection médicale : oui, questionnaire de santé systématique, avec possibilité de réserve ou de refus.
Choix de l'assureur : libre, indépendamment de l'assureur de base.
Prestations couvertes : dentaire, optique, hospitalisation en chambre privée ou semi-privée, médecines complémentaires, prévention.
Résiliation : selon les conditions propres à chaque contrat, sans lien avec le calendrier de la LAMal.
Pas de contrat unique pour tout le monde chez nous. Chacun ses besoins, donc chacun sa combinaison. Voici ce qu'on paie réellement chez Sanitas en 2026.
Soit 212,20 CHF par mois pour la famille, et ça vient s'ajouter aux primes d'assurance de base. Une ligne budgétaire à part entière, qu'on avait largement sous-estimée en préparant notre installation depuis Bordeaux.
Ce qui nous a marqués, au fond, ce n'est pas le montant. C'est le changement de posture. En France, vous choisissez une mutuelle. En Suisse, vous candidatez.
On referait le même découpage, sans hésiter : une couverture ajustée personne par personne plutôt qu'un contrat uniforme pour tout le foyer. Rose n'a pas les mêmes besoins que nous, Amandine non plus. Ce qu'on changerait, c'est le tempo. Anticiper le dentaire dès les premières semaines nous aurait évité de découvrir la procédure en cours de route, radios à l'appui.
L'assurance complémentaire est-elle obligatoire en Suisse ?
Non. Seule l'assurance de base (LAMal) l'est. La complémentaire relève d'un choix personnel.
Peut-on se voir refuser une complémentaire pour raisons de santé ?
Oui. L'assureur peut accepter, poser une réserve sur un problème préexistant, ou refuser la demande.
Les soins dentaires sont-ils couverts par la LAMal ?
Non, sauf accident ou maladie grave. Les soins courants réclament une complémentaire dentaire.
Peut-on avoir sa LAMal et sa complémentaire chez deux assureurs différents ?
Oui, rien ne l'interdit. Les deux contrats sont indépendants et suivent leurs propres règles.
Faut-il souscrire une complémentaire dès son arrivée en Suisse ?
Aucun délai légal ne l'impose, mais souscrire tôt facilite l'acceptation et évite les délais d'attente sur certaines prestations.
Chaque famille arbitre à sa façon, selon son budget, son âge et l'état de ses dents. Si vous hésitez, ou si votre situation ne ressemble à aucun des cas décrits ici, écrivez-nous via le formulaire de contact. On répond à tout le monde, et vos questions finissent souvent par nourrir les articles suivants.
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